jeudi 8 avril 2010

La série à voir: Secret Diary of A Call Girl

Parce qu'il fallait au moins des Britanniques pour traiter de ce sujet sans tomber dans le vulgaire show voyeur, Secret Diary Of A Call Girl est une petite réussite.



Il faut dire que des séries sur le cul, il y en a pas beaucoup (mis à part ces pathétiques téléfilms d'M6 filmés à travers une couche de buée et un filtre rose, ceux où les couplent baisent en jean pendant des heures et des heures sur un solo de saxophone au synthé) et pour cause. Aborder le sujet sans être maladroit ou sans déraper est risqué. La seule échappatoire reste encore l'humour (on a vu ça dans Sex And The City, mais là encore, le style bourgeoisie intouchable plonge le scénario dans un irréalisme loin de créer un lien d'identification direct avec le spectateur).



Heureusement ici, deux "guides" vont servir l'histoire de Belle, Escort Girl Londonienne, tout au long de ces trois saisons.

Tout d'abord le fait que c'est écrit et supervisé par des femmes. L'histoire, à l'origine un bouquin autobiographique, n'aurait pas pu selon moi être aussi touchante et subtilement décrite par un mec. Tout d'abord parce qu'un mec ne voit pas le sexe de la même manière. Attention, je ne dis pas là qu'un mec est forcément bourrin, mais il suffit de voir ce que la production masculine en la matière donne pour en être convaincu: les nanas sont définitivement plus habile à raconter ces histoires là.


Ensuite, et comme je le disait en introduction, le fait que la série est produite en Angleterre. Les Anglais vont plus loin que là où s'aventurent les autres. Et cela leur permet très souvent d'insuffler une certaine crédibilité dans leurs personnages. C'est d'ailleurs un point que l'on peut observer dans la quasi totalité de leurs productions (voir Spaced, Doctor Who, Misfits, les relations entre persos sont toujours le point le plus abouti). Si le légendaire flegme anglais met parfois de la distance là où elle n'a pas lieu d'être pour d'autres, frôler l'indécence sans jamais y tomber est un sport national là bas.


Rajoutez à ça un casting impeccable avec une Billie Piper diaboliquement expressive et une réalisation sans défauts et vous tenez là votre programme de deuxième partie de soirée idéal. C'est drôle, intelligent, sensible et juste assez trash par moment pour rajouter au cocktail. Et petit bonus pour mélomane, la bande originale est truffée de trouvailles Lounge vraiment agréables.

Une série intéressante, et qui l'air de rien, amène un grand bol d'air dans le paysage audiovisuel de par son sujet sensible traité avec grande délicatesse.

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