jeudi 4 novembre 2010

La série à voir: Misfits





Encore une fois LA baffe télévisuelle fun du moment nous vient d'Outre Manche. Elle s'appelle Misfits et couvrez les oreilles de vos bambins (et leurs yeux aussi) parce que ça parle mal là dedans.

6 ados se rencontrent lors d'une semaine de Travaux d'Intérêt Généraux. Six petites frappes donc, délinquants en devenir que le système Britannique a mis à l'amende. Lors du premier boulot en extérieur, à savoir repeindre des bancs près de la flotte, un orage étrange se pointe à l'horizon. D'une puissance surnaturelle, le ciel se met à cracher des grêlons de la taille d'un frigo top sur les voitures et probablement sur les gens. Nos anti-héros vont essayer de se rentrer au centre sain et sauf...mais avant d'arriver à ouvrir la porte du local, un orage les frappe tous.



A la surprise de chacun, personne n'est blessé. Sonnés tout au plus. Mais c'est là que les ennuis commencent. Nos délinquants se mettent à développer des super-pouvoirs.

A ce moment là, tout producteur américain aurait fait de nos personnages principaux de gentil défenseurs de la veuve et l'orphelin. Misfits non. Les craignos restent craignos. Ce n'est pas parce que je me découvre des pouvoirs que je vais me ranger d'un côté ou de l'autre du manichéisme. Des ados à problème avec des super-pouvoirs, bein ça reste des ados à problème.



En somme, ce que Misfits est, c'est ce que Heroes nous avait promis sans y arriver. Une série inspirée de l'univers comics qui ne renierait pas l'humanité de ses personnages. Et cerise sur le gateau, c'est techniquement et artistiquement réussi.

Pas de compromis, pas d'hésitations, Misfits parle de cul, de violence, de misère sociale sous couvert de nous raconter quelque chose de fictionnel. Bref, une véritable utilisation du genre fantastique et surtout, du genre comics telle qu'on devrait en voir plus souvent. En plus d'être bien écrite, Misfits se paie le luxe d'un casting de petits jeunes particulièrement brillants, chacun donnant une profondeur et un bagage émotionnel à son personnage, maillon essentiel pour que le public s'attache.


Créée et diffusée sur E4, chaîne musicale pour les jeunes, la série s'offre de plus une bande son qui claque bien sa mémé. Et comble du bonheur, la saison 2 commence dans 1 semaine... Bein oui, on est aussi à la page sur Labouata :)

PS: Ne lisez pas trop de trucs sur la série, il y a un bon gros spoiler qui finit la saison 1 et ouvre la saison 2 et les fans adorent en parler... Bien évidemment, ici, pas de ça entre nous, les articles Labouata sont "Major-Spoiler-Free"...


vendredi 10 septembre 2010

BONUS: Quoi? Une nouvelle Playlist? (oui mais...)

Avec le nombre croissant de pollutions sonores prémachées, Labouata se devait de servir à ses citoyens une bien meilleure soupe pour la rentrée. Vous savez, du genre de celle qui paie pas de mine sur le papier, qu'on a déjà mangé 100 fois mais qui entre les mains d'un petit cuistot bien inventif, vous en fait un plat juste détonnant.

Bein la nouvelle playlist "Recto-Verso", c'est pareil. Ici, que du déjà entendu. Mais cette fois-ci, servi par des zicos qui nous font redécouvrir les morceaux d'une autre manière.

Une playlist de reprises donc! De quoi laisser ses oreilles s'habituer à la nouveauté, tout en restant en terrain connu. Ça se passe en cliquant sur la belle petite illus faite à l'arrache ci-dessous...





lundi 6 septembre 2010

"Un lien vaut mieux que...."

Bon, Labouata se veut dépoussiérée (au moins un peu) et puisque nous avons pléthore de nouveaux lecteurs, que les anciens, infidèles pour la plus part, ne font plus signe de vie et qu'en plus, certains liens sont complètement morts... Bein il va falloir faire peau neuve et muer du bas de page (en tout cas à droite).

Voilà l'idée, Chère Citoyenne/Cher Citoyen: si toi aussi tu essaie de dominer le monde avec un truc à lire, à montrer, à faire écouter ou autre, que toi aussi tu as donc un espace virtuel bloggesque, ou un site ou tout autre truc dont tu veux qu'on parle, n'hésite pas à te faire connaître.

Envoie moi un joli mail à "pico(arobase)labouata.com" ... (où tu remplacera le mot arobase par @, hein... je te prends pas pour un débile mais c'est juste pour éviter le spam que je balance pas mon adresse comme ça... et puis dis toi que si toi t'as capté, ptet que d'autre pas, alors soit courtois et aide un peu les gens, non mais).

On entretiendra une petite correspondance en privé, très cosy et je te ferai un lien tout beau, tout dessiné dans la bonne section de Labouata! Voili voili!

A vos ptits papiers et à bientôt!

samedi 4 septembre 2010

Je soutiens l'effort de guerre: Stupeflip, le DVD

Un message, un seul:




et tu l'achète sur le Stupermarché en clickant ici: Le Stupermarché
(ou sur l'image, comme tu préfères)

En plus ça permet de financer le troisième album (pour ceux qui ont besoin d'une raison)




vendredi 3 septembre 2010

Playlist de Septembre en ligne!

En attendant mon encart Pub de ce soir (parce que faut pas déconner, il y a des trucs qu'on devrait acheter trois fois.....rhaaa le teasing que je fais sur ce blog, comment je maîtrise trop le net, t'as vu, citoyen Labouatiste)

On laisse traîner ses oreilles sur la playlist de Septembre. C'est bien, c'est peinard, ça gueule pas trop, pour une fois, et en plus on trouve assez facilement ce qu'elle contient chez son disquaire.


jeudi 2 septembre 2010

Le film à voir (dans 4 mois): Scott Pilgrim vs. The World


Après avoir descendu l'adaptation ciné d'Avatar: Le dernier Maître de l'Air, il fallait que je parle de ce projet particulièrement casse-gueule de l'adaptation de la bd Scott Pilgrim.


Véritable phénomène Outre-Atlantique, la bd Scott Pilgrim est une simple histoire d'amour racontée dans un mash-up de culture manga, vidéoludique, comics et cinématographique. Bref, un beau bordel pour geek, magnifiquement porté par des dialogues subtils et une trame grand public, de quoi faire grandir une réputation brillante tout autant chez les concernés que chez les autres.




Structurée en six tomes, la bd raconte comment un gars de 23 ans, complètement inapte à la rupture, tombé amoureux d'une nénette nommée Ramona Flowers, va devoir terrasser les 7 ex maléfiques de la donzelle pour vivre son idylle tranquille. Ça commence tout doux, presque comme une histoire écrite par Zach Braff et puis ça verse assez rapidement dans le grand n'importe quoi à la Dragon Ball après quelques pages. Pourtant, sans qu'aucune restriction à une référence obscure ne soit faite, l'histoire ne dévie jamais de son rail principal, une belle romance contemporaine, faite d'onirisme, d'humour, de lâchetés et de trahisons.



Ce qu'il y a de fort avec la BD Scott Pilgrim, c'est que lorsqu'on a finit de lire ça, on se dit deux trucs.

Primo, Scott Pilgrim, c'est tout le monde: moi, mon pote de toujours, probablement mes collègues ou même ma meilleure amie d'enfance.

Secundo, c'était riche, très riche, et pourtant simple, très simple.


Autant dire que lorsqu'on annonce alors un film Scott Pilgrim, on attend au minimum que ces deux éléments là restent après le processus d'adaptation.

Comment résumer 6 tomes de bande dessinée avec une complexité de référence digne du manuel complet du geek 2010 sans pour autant verser dans le film "clin d'oeil au public" effaçant ses protagonistes et son histoire au passage?


La réponse est simple: laissez-le entre les mains d'un britannique. On le sait, ce n'est pas la première fois que j'encense les sujets de la Reine sur ce blog mais il faut avouer que pour le coup, un petit bijou d'adaptation sort de chez eux. Et c'est encore à Edgar Wright que l'on doit une telle prouesse.




Edgar Wright, génial réalisateur de la série Spaced (critiquée ici) ainsi que des films Shaun of The Dead et Hot Fuzz, laissera tomber le troisième volet de sa trilogie pour s'attaquer à cette chronique amoureuse façon 16 bits avec les bénédictions du pool de fans de la bd. Forcément, quand on a feuilleté trois pages de Scott Pilgrim, on se dit qu'il n'y a pas quarante réalisateurs qui pourront capter l'essence même du projet. Edgar Wright s'amène en tête et à raison.




Ce que Wright signe là, c'est la synthèse de ce que Pilgrim est. Une ode aux troubles de notre génération, tintée de culture alternative et de l'humour en découlant. Certes, les plus âgés pourront critiquer l'ovni en prétextant une illisibilité hystérique, mais ceux qui ont grandi avec une manette SuperNes dans les mains ne pourront que trouver Scott Pilgrim vs The World au minimum fun. Il y avait mille manières de tomber dans l'excès inutile avec ce sujet, Wright les évite toutes et nous file ce qu'il faut.




Avec ce film, il réalise son Sin City. Une adaptation parfaite, excellemment bien maîtrisée et qui sait rendre ce qu'elle emprunte à son original en lui ajoutant même une dimension supplémentaire, la bande originale, un petit bonheur pour les oreilles.


Rendez vous donc dans les salles obscures françaises en fin d'année (si d'ici là, Universal ne se décide pas à saborder son propre projet en le sortant en direct to dvd).


dimanche 1 août 2010

Original is the Best: Le Dernier Maître de l'Air

Comme vous avez pu le lire ça et là à travers Labouata, je ne suis pas un extrémiste de l'adaptation. Qu'on fasse des entorses à l'oeuvre originale pour caler un récit dans le format cinéma ne me dérange pas, à condition que les éléments les plus cruciaux soient effectivement retranscrit avec l'aide des outils que l'on a à disposition derrière une caméra.

Pour moi, un livre, une série ou une autobiographie ne pourront jamais avoir de retranscription fidèle en 2h30 et cinémascope. Partant de ce principe, du moment que l'adaptation retranscrit l'essence du produit original, je reste bon client. Et puis si les gens sont vraiment curieux, un remake ou une adaptation n'empêche pas de voir ou lire l'oeuvre originale pour autant.




Alors pourquoi, malgré tout, je trouve que l'adaptation d'Avatar, le dernier Maître de l'Air manque sa cible et que c'est franchement dommage?




Sur le net, la première et plus virulente critique faite est au casting. Les gentils sont blancs, les autres sont indiens ou asiatiques. On y verrait là un racisme latent de la part de Shyamalan et des producteurs. Soit, je veux bien admettre que passer la tribu de l'Eau au mixeur caucasien m'a paru tout d'abord bizarre. Mais pas plus que ça. Lorsqu'on connaît l'oeuvre originale, on sait que chaque tribu compte ses gentils autant que ses méchants. Il n'y a aucune question de race ou de culture en jeu, seulement des personnes. Pour ce que ça importe dans l'histoire originale, les gentils pouvaient tout aussi bien être noirs, russe ou nains, globalement pour le message, on s'en fout un peu.

J'accorde à la critique populaire que si c'était pour une question d'identification du spectateur, mon argumentation précédente vaut toujours. Le spectateur s'identifie aux héros parce qu'ils représentent des valeurs, et non grâce à une couleur de peau. Passons donc sur ce détail polémique.

La seconde critique est portée à la réalisation. Même si je me méfie de Shyamalan je ne crois pas qu'il y ai un vrai défaut de réalisation.




Petit cours vulgarisé de hiérarchie dans l'audiovisuel cinématographique américain:

Contrairement à la croyance populaire, la réalisation est une étape secondaire, voire tertiaire. Avant ce travail, il y a tout un tas de processus qui encadreront le travail du réalisateur. Par exemple:



L'écriture: Elle détermine ce que le réalisateur doit montrer ou non. Sauf cas particulier, le réalisateur n'a pas droit de rédiger, couper ou éviter une scène écrite par un scénariste. C'est une question d'éthique tout autant que de logique.



Scénario: John brandit la main coupée de Philip à une foule en délire.

Réalisateur: "Cette scène, je l'ai pas comprite. Je l'ai enlevé du flime. En plus c'est violent."
Scénariste: "Ok. Fabuleux. Ma scène finale avec la révolte du peuple a été supprimée. Une histoire de révolte sans révolte dedans. Génial."




La production : Elle détermine de quels moyens le réalisateur disposera. Elle a souvent droit de vie et de mort économique et artistique d'une séquence.


Scénario: John brandit la main coupée de Philip à une foule en délire.


Réal: "Il va me falloir 5000 figurants en costume d'ouvrier de 1920 et une main coupée de cadavre"

Producteur: "Bon alors Gary, voilà le topo. Moi je produis ton film, tu vois. Et j'ai aussi une boîte de quenelle au veau à faire tourner. En plus c'est moi qui met personnellement les sous dans ton truc sur la révolte du peuple là. Encore tes conneries communistes, si tu veux mon avis. Alors vu que j'aime pas cette scène de Rouge (ni ton film d'ailleurs, même si je sais que ça plaira aux jeunes et que mes sous sont là pour ça, ça achète des figurines les merdeux), je te propose un marché. Si au lieu de la main c'est une de mes quenelles qu'il brandit, je paye pour 20 figurants. S'il mange la quenelle devant la foule, c'est 200 figurants. Et s'il semble se régaler je serai presque prêt à répondre à ta demande (en allant jusqu'à 250 figurants seulement, faut pas déconner non plus). En fait si le film se termine avec ton héro à la con qui dit le slogan de ma marque ... et que la foule le reprend, je te file de quoi réaliser ton rêve de bolchévique cinéphile. Et rajoute une scène avec un vaisseau spatial. Ça fera un jouet à vendre de plus ça, un vaisseau spatial."


Tout ce bordel est optionnel, bien évidemment, certains films se réalisent dans la plus grande cohérence et le plus grand respect du projet final. Mais la plus part du temps, le réalisateur doit composer avec les égos de chacun et les moyens qui lui sont fournis.

Bref, il faut comprendre qu'un film, ça se fait avec une équipe de centaines de personnes voir plus, avec énormément de sous et que mis à part les petites mains, dans le pire des cas, chacun veut voir son travail et sa touche personnelle passer avant l'intérêt du projet.

Pour un réal lambda, le travail consiste à exécuter un film malgré toutes les contraintes qui lui sont posées. Lorsqu'un réal acquiert une certaine notoriété (et qu'il ne l'a pas perdue, c'est à dire pour Hollywood, qu'il continue à rapporter de l'argent, même s'il fait de la merde), on lui laisse plus facilement la main sur ses volontés.


Or Shyamalan, avec ses précédents films, a fait perdre de l'argent à ses studios. Beaucoup. Avatar est un caprice. Un film qui aurait été fait sans lui mais pour lequel les studios ont accepté son nom.



Shyamalan devait se racheter une réputation en prouvant qu'il pouvait rapporter de l'argent aux studios. Les studios voulaient faire du fric avec la licence du dessin animé, un projet facile. Shyamalan s'intéressait au dessin animé. D'une pierre trois coups! On laisse le truc facile à mettre en place au gars qui doit se racheter une réputation et qui, en plus, est volontaire pour le faire.


Maintenant, accuser Shyamalan d'avoir mal fait son boulot, je ne pense pas. Shyamalan filme bien (ça me raque de le dire, mais quand on le laisse tranquille il est capable de pondre Le Village, qui est une tuerie). Mais ici, on sent qu'on le pousse au cul. 1h30, c'est bien trop court pour ses habitudes. En général, les films de l'hindou bankable prennent au moins 2h de votre temps. Et 1h30, c'est d'autant plus court pour synthétiser une saison entière d'Avatar. Ça aurait mérité la même durée qu'un Seigneur des Anneaux version longue pour être approchant, au minimum.

Est-ce dû alors au scénario? En partie, sûrement. Il manque un truc crucial à cette version filmée: le regard d'un gamin sur les évènements. L'écriture est épique avant que d'être. Dans le dessin animé, il faut une saison et demie avant qu'Aang, Soka et Katara comprennent réellement dans quel engrenage ils ont mis les avant-bras. Dans le film, il faut 10 minutes à toute la smala pour capter que les évènements sont graves et ensuite on s'arrête là. Voici des héros sérieux avant d'être des gamins. Les personnages se veulent légendaires alors qu'ils commencent à peine leur quête.



Dans le dessin animé, c'est une franche inconscience des évènements premiers qui vont les mettre au cœur de l'histoire, une innocence qui les fait se dresser instinctivement contre de mauvaises valeurs sans en mesurer la dangerosité. La virtuosité de la série, c'est justement de faire en sorte de montrer que l'initiative doit être réfléchie, mûrie, car on ne peut pas, dans l'univers de l'Avatar, se lever contre des aprioris. Chaque individu a des raisons. Chaque méchant a une histoire, une logique, un passif.

Dans cette logique, chaque héros aussi a une part sombre, parfois même malsaine (Katara et l'adaptation de son pouvoir à d'autres utilités particulièrement dérangeantes dans la 3ème saison) et aucun acte ne laisse indifférents ses acteurs. Mieux que tout, chaque peuple a ses victimes. Lors de la deuxième saison, on commence à comprendre que par delà les frontières de la nation du feu, au sein même de la famille royale, le doute, ainsi que la douleur de cette guerre subsiste. Aucun manichéisme n'est vraiment présent dans le dessin animé.


De fait, la question morale de l'agression est triturée, mise en échec par le soin apporté à la nuance trop souvent oubliée par la fiction américaine. Les enfants qui regardent ça sont amenés à considérer l'Autre en temps que personne et non en tant qu'ennemi ou étranger.


Quant à la production... A-t-elle fait son boulot? Sur le plan artistique, rien à redire. La série avait été un régal pour les yeux, le film l'est aussi, avec un défi relevé, celui de restituer la mise en scène des combats particulièrement impressionnants du dessin animé avec une fidélité qui frôle le génie. Pourtant on sent que si le scénario a été tronqué, c'est aussi la faute à la production, qui a dû très certainement demander à ce que l'histoire soit moins complexe que celle du dessin animé. Résultat, on garde des faits, nombreux, sans avoir le liant. Un exemple?

Dans le dessin animé, l'Avatar Roku, précédente incarnation de Aang, vient le visiter pour lui donner des conseils et l'éduquer. Roku était un Maître du Feu et était l'ami du Roi de la Nation du Feu actuel. De fait, Aang est conseillé non seulement par les esprits de la nature, mais aussi et surtout, par quelqu'un qui, s'il était encore vivant, serait chez l'ennemi. Dans le film, ce personnage pivot du message central est carrément absent. Pas une seule mention.

De même: dans le dessin animé, l'Esprit Bleu, dont il est question brièvement à la moitié du film, a été inventé par Zuko pour pouvoir passer sa frustration et ses doutes d'être du mauvais côté de la guerre. Zuko se déguise à travers la nuit et part aider les gens abusés et violentés par sa nation. L'Esprit Bleu est une figure qui l'aidera par la suite, à libérer Aang de chez le général qui le détient tout comme dans le film. Sauf que dans le film, rien de tout ça. L'Esprit Bleu est "une rustine scénaristique", on l'intègre parce qu'on était arrivé à un moment où plus rien ne pouvait aider le personnage principal à s'échapper. Rien de plus.




Il y avait pourtant là opportunité à raconter une dimension supplémentaire au personnage du fils du Roi, dimension cruciale des thématiques de la série: le questionnement. Zuko, malgré son apparente froideur et implacable détermination, se laisse le temps de douter de lui-même, de se remettre en question.

Quand on fait un film d'1h30 bourré de scènes assurant des ventes de figurines, malheureusement on coupe ce genre de trucs. C'est bien trop complexe à comprendre pour quelqu'un qui veut faire du profit sans regarder à la qualité.



Et le montage dans tout ça? Il est quasiment certain que l'édition DVD extra collector nous réservera quelques scènes coupées qui vont enrichir le tout. Le film est découpé à la hache, ce qui n'est certainement pas une habitude chez Shyamalan. On sent des coupures de rythmes, des incohérences, des manques dans les dialogues. Shyamalan a sûrement filmé certaines parties oubliées au montage final (la bande annonce montre les guerrières Kyoshi, totalement absentes du film). Le résultat de ces coupes dérangeantes même pour un spectateur lambda, c'est que l'histoire se perd au fur et à mesure du déroulement du film et si l'on a pas vu la série, le film est incompréhensible...



Pourtant, on avait presque ce qu'il fallait pour que ça reste acceptable. Il faut croire qu'encore une fois, le pouvoir économique a sabordé lui-même son propre produit.

Dans le film, il ne reste presque que l'oncle Hiro à sauver, un personnage secondaire gardé avec les mêmes nuances que dans le dessin animé: respect de l'adversaire, gardien des sagesses de l'ancien monde, figure paternelle de substitution de Zuko, finalement, le fait qu'il ne soit plus porté sur un addict au thé n'a pas plus dérangé que ça.

Dommage, vraiment. Le Dernier Maître de l'Air aurait pu aisément devenir le Star Wars d'une nouvelle génération, au lieu de ça, il est relégué à un vague film de l'été pseudo-philosophique, mal traîté, mal vendu, mal compris.

On se rabattra donc sur la série animée qui, forte d'un doublage convenable (miraculeux par nos temps troublés), se regarde deux fois au moins, une fois en V.O., une fois V.F.


vendredi 21 mai 2010

Le Film à Voir: Where The Wild Things Are - Max Et Les Maximonstres

Quand le réalisateur de "Dans la Peau de John Malkovitch" sort un nouveau film, on se rue dans nos salles. D'abord pour la curiosité. Le bonhomme Spike Jonze ne fait pas dans le prémaché ni dans l'américanisme classique. Et quand ce film est une adaptation d'un bouquin pour enfant qui reçoit en plus une critique positivement unanime, il faut que votre serviteur, moi, jette un œil voir plus dessus.

Le pitch est simple: Max, gamin d'une dizaine d'années pas plus, est turbulent, tourmenté, solitaire et un brin incontrôlable. Lorsque un soir, sa mère reçoit un prétendant à la maison, Max veut attirer l'attention sur lui même et va faire le pitre assez violemment. Sa mère excédée décide de le calmer, mais dans l'empoignade il en arrive à la mordre. Terrifié par son propre geste, Max va s'enfuir de la maison, encore dans son pyjama-chat et prendre un bateau jusqu'à la mer. Épuisé, il va s'endormir et se réveiller sur un île étrange, peuplée de monstres gigantesques et difformes.



Par où commencer? Ce film est une pure merveille. Du traitement réaliste et très juste de la crise familiale jusqu'à l'univers cru et déjanté du conte, tout est précis, particulièrement touchant et même bouleversant. Ces grosses formes maladroites et au premier abord effrayantes que sont les habitants de l'île ont chacun une vraie personnalité et si l'on frissonne à l'idée première que Max va se faire grignoter plus vite qu'un Tuc à son arrivée, on en arrive bien vite à vouloir nous aussi nous endormir sur ces gros tas de peluches sentimentales et un brin excessives.



Techniquement aussi, une réussite de bout en bout. Spike Jonze ne voulait pas trahir les illustrations originales du bouquin, il a fait mieux, il leur a donné vie. De ces dessins flippants et attendrissants à la fois, il réussit l'exploit de rendre l'âme du trait, évitant les lumières chaleureuses et retouchées d'un Narnia ou d'un Disney. On en vient au conte tel que je l'apprécie, sans fioritures ni édulcorants, une pure histoire, parfois terrifiante, parfois "nou-nou" (pour reprendre l'expression de ma chère Emi) mais toujours vraie dans ce qu'elle décrit: tout n'est pas rose dans l'univers de l'enfance.



Mention spéciale aux SFX qui se sont rendus invisibles, notamment sur l'utilisation d'images de synthèses pour faire parler les monstres, mélangées aux costumes présents sur le set. On atteint un réalisme que nombre de réalisateurs zappent à cause de la facilité de confier ça totalement à l'ordinateur (Lucas aurait tout filmé sur fond vert avec le gamin jouant face à rien). Tout dans la technique, sert l'histoire. On croit aux personnages qui fort heureusement pour le public français ont été magnifiquement doublés. L'équipe française a fait un travail exceptionnel, ne versant ni dans la caricature, ni dans le je-m'en-foutisme, ce qui, en ces temps troublés de doublages catastrophiques, mérite en soit une palme. Plus que de croire à ce que l'on voit, on s'y attache même.

Et c'est là que je pense que tout autant que les enfants qui vont tour à tour, frissonner, s'amuser et s'attendrir à la vue de ce film, les adultes aussi vont s'éclater à retrouver l'esprit sauvage de l'enfance.


Musicalement, de plus, l'essai est transformé lorsque, choix osé, Spike Jonze demande à Karen O, chanteuse des Yeah Yeah Yeahs, de composer la bande originale. Et finalement, l'énergie de la psychopathe microphonée teintée de sa douceur ainsi que les chœurs d'enfants qu'elle pose sur ses morceaux illustrent parfaitement l'innocente excitation de l'histoire racontée là.



Seul bémol à ce film, et il est quand même important, c'est qu'il s'arrête. Comme toute bonne histoire, on préfèrerait qu'il ne se termine jamais. Qu'à cela ne tienne, la B.O. est dispo sur iTunes et chez tout bon disquaire, je suppose.


jeudi 20 mai 2010

Nouvelle Playlist!!!

Alors je sais, je sais,

Pas grand chose à se mettre sous la dent sur ce blog, mais bon, du bon son, ça se refuse pas. En plus c'est une playlist qui fout la patate: Joan Jett, Gang Of Four, Wolmother, Beastie, Mr Bungle et j'en passe, de quoi vous décrasser les tympans pour l'été qui approche!

Donc on fait pas la fine bouche, on cliquotte et on se défonce les enceintes en faisant de l'air guitar.





jeudi 8 avril 2010

La série à voir: Secret Diary of A Call Girl

Parce qu'il fallait au moins des Britanniques pour traiter de ce sujet sans tomber dans le vulgaire show voyeur, Secret Diary Of A Call Girl est une petite réussite.



Il faut dire que des séries sur le cul, il y en a pas beaucoup (mis à part ces pathétiques téléfilms d'M6 filmés à travers une couche de buée et un filtre rose, ceux où les couplent baisent en jean pendant des heures et des heures sur un solo de saxophone au synthé) et pour cause. Aborder le sujet sans être maladroit ou sans déraper est risqué. La seule échappatoire reste encore l'humour (on a vu ça dans Sex And The City, mais là encore, le style bourgeoisie intouchable plonge le scénario dans un irréalisme loin de créer un lien d'identification direct avec le spectateur).



Heureusement ici, deux "guides" vont servir l'histoire de Belle, Escort Girl Londonienne, tout au long de ces trois saisons.

Tout d'abord le fait que c'est écrit et supervisé par des femmes. L'histoire, à l'origine un bouquin autobiographique, n'aurait pas pu selon moi être aussi touchante et subtilement décrite par un mec. Tout d'abord parce qu'un mec ne voit pas le sexe de la même manière. Attention, je ne dis pas là qu'un mec est forcément bourrin, mais il suffit de voir ce que la production masculine en la matière donne pour en être convaincu: les nanas sont définitivement plus habile à raconter ces histoires là.


Ensuite, et comme je le disait en introduction, le fait que la série est produite en Angleterre. Les Anglais vont plus loin que là où s'aventurent les autres. Et cela leur permet très souvent d'insuffler une certaine crédibilité dans leurs personnages. C'est d'ailleurs un point que l'on peut observer dans la quasi totalité de leurs productions (voir Spaced, Doctor Who, Misfits, les relations entre persos sont toujours le point le plus abouti). Si le légendaire flegme anglais met parfois de la distance là où elle n'a pas lieu d'être pour d'autres, frôler l'indécence sans jamais y tomber est un sport national là bas.


Rajoutez à ça un casting impeccable avec une Billie Piper diaboliquement expressive et une réalisation sans défauts et vous tenez là votre programme de deuxième partie de soirée idéal. C'est drôle, intelligent, sensible et juste assez trash par moment pour rajouter au cocktail. Et petit bonus pour mélomane, la bande originale est truffée de trouvailles Lounge vraiment agréables.

Une série intéressante, et qui l'air de rien, amène un grand bol d'air dans le paysage audiovisuel de par son sujet sensible traité avec grande délicatesse.

mercredi 3 mars 2010

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