Pourquoi il ne faut pas aller voir "Avatar" de James Cameron?

15 ans d'attente, 4 ans de boulot acharné, le film de sa vie, une technologie révolutionnaire et un grand film de fond... Les raisons avancées par James Cameron ne manquent pas pour faire d'Avatar un appât à cinéphile acharné.
Qu'on aime ou pas James Cameron, la machine à faire du gros film bien bourrin (Terminator 2, Alien 2, Titanic, Abyss), on se déplace par la force des superlatifs de la critique et des retours publics enthousiastes. Et pourtant Avatar n'est pas bon.

C'est bête d'ailleurs, avec un sujet pareil, on aurait attendu un grand film action/science-fiction/spectacle comme sait en faire Cameron. Et jsuis client de ce genre de film en plus: un bon gros divertissement avec juste ce qu'il faut de fun pour justifier mon intérêt!
Mais alors par où pêche Avatar? Certainement pas dans ses intentions, pour commencer. Cameron voulait deux choses avec ce film (on enlève "faire du pognon" de l'équation, c'est évident): tout d'abord révolutionner la technique cinématographique. On y reviendra, car même si l'essai est techniquement convaincant, c'est sujet à discussion. Deuxièmement, parler écologie avec un bon gros film d'action. Et là, pareil, c'est largement discutable.
Annonçons la couleur: le soucis majeur de ce film, c'est la date de sa sortie. Sur quasiment tout les points, Cameron nous annonce une révolution qui nous a été servie il y a maintenant dix ans au niveau technique par Lucasfilm. La fabuleuse ère numérique et ses personnages tout digital, oui c'est bien, sauf que Star Wars Episode 1 est sorti en 1999... Alors bon, pas grave, on concède que Lucas était allé vite en besogne et que ses bestioles ont sacrément pris dans la gueule avec le temps. D'autant plus que Cameron se rattrape en argumentant sur sa 3D stéréoscopique.

Ok alors, la 3D stéréoscopique, parlons en. L'effet gadget mis à part, est-ce réellement un argument de vente pour Cameron? Absolument pas. D'un point de vue de réalisateur, il est clair que ce film a été pensé et conçu en 2D tout ce qu'il y a de plus classique. Cadrage, composition d'image et même animation, rien ne justifie le tout numérique stéréoscopique dans cet œuvre.
Pire même, on attendrait d'une technique pareille, qui offre tout un tas de nouvelles possibilités, que le maestro du blockbuster en exploite chaque ficelle...et puis non, il se contente de faire le strict minimum avec: ajouter de la profondeur de champ, finalement on reste sur l'aspect gadget de la technique. Pas de jeu avec, pas de plans qui nécessite vraiment ce nouvel outil pour être exprimé. Rien de vraiment fabuleux de ce côté là, et on aimerait même jeter ces lunettes pour pouvoir voir le film d'une manière plus classique, tel qu'il a été conçu en fait.
Et le fond? Qu'en est-il du récit de la décennie, tel qu'on nous le vend partout. Autant le dire tout de suite, c'est plat. Terriblement conventionnel, le scénario se contente de remplir le contrat du film classique à gros budget: les gentils, les méchants, un méchant baise la princesse, se rend compte qu'il vaudrait mieux devenir gentil, devient prince et tue les méchants. Cameron emballe ça avec l'actuel politiquement correct "les gentils aiment la nature, les méchants la brûle avec leurs machines" et c'est torché. Soit, ce n'est pas forcément un défaut. Il y a des pitch d'une pauvreté sidérante qui ont donnés de très chouettes univers. Mais pour autant, était-il nécessaire d'inclure à ce tableau minimaliste les clichés les plus redondants d'Hollywood?
On baille face au spectacle du discours de motivation des tribus Na'Vi fait par le personnage principal, on attend la suite quand les dites tribus se prennent la branlée du siècle au ralenti avec une musique triste, et on commence à s'agacer lorsque le chef de la tribu, un tronc d'arbre à travers le ventre, meurt 15 fois dans les bras de sa fille en lui demandant de défendre leur culture. On a déjà vu ce film des centaines de fois et ça ne l'a jamais rendu plus intéressant, et pourtant, pour arriver au bout d'Avatar, il faut se farcir ça une fois encore.
Ce qui est presque navrant dans la promo et le foin fait autour du film par le public, c'est outre l'argument de "l'incroyable originalité", celui de la sacro sainte excuse du "film écolo" pour justifier de son succès. Avatar n'est ni original, ni un film écolo. Tout au plus, il pourrait soulever la question du colonialisme et de ses ravages, mais ne nous emballons pas. Le côté manichéen du scénario et des personnages met en branle tout le discours qu'aurait pu avoir le film.
Dommage, car il y a pourtant de belles choses à sauver d'Avatar. A commencer par la technique d'animation faciale. Vraiment impressionnante, les bestioles numériques expriment toute une palette d'émotions crédibles et justes, ce qui n'avait pas été fait correctement jusque là. Le design aussi, les artistes et graphistes ayant bossé sur les dessins de production ont dû faire un travail remarquable, le soucis du détail est appliqué sur chaque éléments et tout est d'une splendeur qui pousse à la contemplation, peut être trop d'ailleurs. Car on reste frustré de ne pas en savoir plus sur l'univers des Na'Vi.

Leur histoire, bien que développée, reste un prétexte à la baston finale (qui prend la dernière moitié du film). On sent pourtant très clairement que Cameron a une idée précise, par exemple, de ce que les autres tribus sont. Et l'on termine le film avant d'en avoir vu quoi que ce soit.
Faut-il donc écouter les rumeurs de deux suites en projet pour espérer avoir une histoire digne de la prétention de Cameron? En attendant le film livré là est incomplet et ennuyeux, et ce malgré l'incroyable travail technique fourni.

Pour résumer, Avatar est du passé avant même d'être sorti. Histoire creuse, personnages stéréotypés sans originalité propre, schémas narratifs redondants, effets réussis mais poudre aux yeux et promo prétentieuse. On se rabattra volontiers sur l'Art Book, qui laissera entre les mains la seule chose vraiment valable du film le plus cher de l'histoire du cinéma: sa gueule.























6 bout(s) de papier:
tien c'est marrant mais tout ce que tu cite c'est ce que j'ai adoré dans ce film ^^
déjà je m'attendais pas à un révolution, donc ca aide, et en plus j'ai retrouvée un bon vieux film d'action avec happy end comme je les aime.
Le peu de documentation sur l'univers dans le film e donne envie d'acheter le bouquin du film, pour en apprendre plus, comme au bon vieux temps (sur des films comme le cinquième élément, ou bien star wars, par exemple) dans un film on n'est pas forcé et on ne peut pas forcément tout montrer. Ca reste une part de mystère, laisse place à notre imagination, nous laisse deviner ce qu'a vécu Jake pendant tout ce temps...
Pour la 3D certes, ils l'ont ptête pas exploité à fond (mais s'il l'avaient fait t'aurais surmenent trouvé le moyen de dire que c'était racolleur et too much non ? :D), mais j'ai quand même trouvé que certaines scène s'y prêtaient tout à fait (la goute d'eau du début, juste pour rigoler, le tunnel des chambres d'hibernation, courses poursuite ...)
Et puis si je trouve que c'est un film écolo, et je me suis bien marrée en pendant à toutes les mauvaises langues qui te diront que ca pue la bien pensance haha :D
et puis pour finir, je suis fan du gros méchant bien caricatural.
Non vraiment tout m'a séduit dans ce film, y compris le bon vieux shéma narrratif classqiue qui nous plaisait tant dans les films qu'on regardait quand on était gosse ^^
J'ai vu Avatar en 3D samedi dernier, en me disant 4 jours avant que j'irai pas.
Ce que j'en retiens :
• C'est un film pour les enfants, qu'il faut voir à mon avis comme un conte.
• Les paysages et les trouvailles visuelles sur Pandora invitent effectivement à la contemplation : pas si désagréable que ça en ce qui me concerne.
• L'histoire, c'est Pokahontas, oui, bon, et alors, c'est pas grave, je n'y allais pas pour l'originalité du scénario de toute façon.
• Il y a des longueurs, le dernier quart d'heure, je l'aurais bien zappé, mais bon, les images sont tout de même léchées.
• Les personnages ont des profils psychologiques plus que maigres, ne parlons pas des seconds rôles. Certes, mais à mon avis, c'est à voir tout de même.
• Je ne savais pas ce qu'on en disait auparavant (révolution, 15 ans, blablabla), donc, un simple à priori négatif avant de changer de point de vue en me disant que c'est divertissant, pas si mal. Et quel boulot ! (L'argent n'est pas passé dans le scénard, il n'y avait plus de sous :)
Aurore> Je concède une fois encore que le film type américaino-gros bugdet-action-happy end marche très bien sur moi. J'en suis vraiment client, et je jubile même sur les punch lines typiques de Cameron ("You're Fired" de True Lies; "Hey Vasquez, on t'a déjà prise pour une femme? -Non, et toi?" de Aliens) Enfin bref, même le côté méga bourrin ne me fait pas peur.
Le style même de l'histoire, auquel je m'attendais, ne m'effraie pas non plus, j'ai aimé "Danse avec les loups" (qui est évidemment une source d'inspiration pour Avatar) et je le reverrai même avec plaisir. Quant au larmoyant, je t'avoue même que j'ai vu Titanic plusieurs fois sans que ça me gâche les séances (j'avoue toujours rigoler au moment du gong sur la pale arrière, ce qui me dédramatise le film).
Mais Avatar avait cette étiquette de film révolutionnaire depuis 15 ans dans les médias cinéphiles. On l'attendait au tournant, d'autant plus que Cameron avait annoncé partout que ce serait une baffe. Et désolé, mais je l'ai pas prise. Il y a peut-être un fond auquel je ne suis pas sensible, c'est possible, mais d'un point de vue purement professionnel en tout cas, ce film n'atteint pas le quart des prétentions de Cameron. Même ses personnages numériques, pourtant parfaits, ont été initié grâce au Gollum de Weta (il l'avoue lui même, c'est là qu'il s'est dit qu'il pourrait faire son film), il n'a inventé aucune technique...
Quant à la stéréoscopie, je reste sur mon point de vue, elle est utilisée comme un gadget. Cameron cadre encore son film en pensant 2D. Un contre exemple qui utilise pleinement la technique employée: The Clone Wars, le film. La Caméra se permet des prises de vue qui n'auraient jamais été possibles avec des moyens traditionnels (travelling du fond d'un vaisseau vers un visage en passant par l'angle que forment les bras des soldats accrochés à la barre du haut du transport, une vraie caméra n'aurait pas eu la place de le faire). L'avènement de la stéréoscopie méritait un meilleur traitement, mais le fait que certaines salles mondiales et que le dvd ne pourrait probablement pas se vendre en exclu 3d a dû le convaincre de ne pas se lancer dans une véritable exploitation narrative de la profondeur.
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Ce que je veux dire par là, c'est qu'aucun de ses plans ne nécessite réellement la stéréoscopie pour être exprimé. En 2d, la narration de Cameron est exactement la même, on ne perd absolument rien à l'histoire ou au style du film à le voir en 2d. et je trouve ça dommage de la part du bonhomme qui a poussé ILM a inventer le morphing digital pour Abyss et Terminator 2.
Pour le message écolo, désolé, mais je ne suis vraiment pas convaincu. Certes tout l'univers des Navi's est organique. Tout y est question d'équilibre et tout le toutim. Mais de là à proner l'écologie? Le discours du film parle quand même de combats de nations, essentiellement. Une roots, une méchanique et ce côté manichéen a tendance à foutre en l'air le discours d'équilibre.
Je ne suis pas sûr que les ch'tis n'enfants ou les connards de serial-pollueur qui ont vu le film aient compris qu'il fallait avoir une conscience de l'environnement qui nous entoure après la séance. Pour moi, je pense qu'on sort de là en se disant "Putain, si j'arrivais à dompter un tigre géant, je pourrais casser la gueule aux gens que j'aime pas avec".
Franchement, je déplore sincèrement que ce truc passe à côté de son discours. D'autant plus avec les personnages qu'il lançait dans la première heure. Jake Sully avait un vrai potentiel de héros de film d'action ou d'aventure, et la première heure en est témoin, c'est jouissif de le voir courir après tant d'années coincé dans son fauteuil, et puis d'un coup on a l'impression de voir un pion se balader d'une case à l'autre sans vraiment voir sa totale transformation. Pour moi son passage à la tribu est mal géré, il perd trop vite ses certitudes et doute aux mauvais endroits. On a pas l'impression de voir un vrai marines (comme ceux que Cameron sait en rédiger) se retrouver confronté à des choix.
Moi je dis qu'il manque bien une bonne heure à ce film (Titanic faisait 3h30, ça faisait pas peur à Cameron, ni au public pourtant). On passe de l'exposition (la présentation des paramètres de l'histoire) à la conclusion sans passer par le développement et la résolution. La première heure annonce un grand truc très très chouette et le reste gâche le début par trop de précipitation et de cliché.
Bref, j'attendrai les suites pour le scénar (confirmées par Cameron, d'ailleurs), parceque lui-même a admit avoir raté celui-là sur ce point.
Dominoo> Pour le conte, je suis on ne peut plus d'accord. De toutes façons, il faut bien retenir que là où nous, Européens, nous sommes spécialisés dans le cinéma social ou réaliste, les américains, tout genre confondus, ont foncé dans le spectacle assumé. La dimension de profondeur qu'ils rajoutent généralement tient essentiellement du conte, de par ses figures allégoriques et symboliques fortes propre à la scène. De fait, tu remarquera que la plus part des films américains sont avant tout des contes, mêmes ceux pour adultes comme Die Hard ou Gladiator.
Les trouvailles sur Pandora: Bein moi non plus, bien au contraire, j'ai vraiment apprécié. Ce que je déplore justement, c'est qu'on évolue pas assez dans cet univers, on contemple mais n'est pas particulièrement guidé, et c'est dommage, c'est de la pure contemplation sans exploration, alors que le perso principal et sa guide avaient toute les excuses du monde pour nous permettre de comprendre ça. Où sont les structurations politiques des Navi's, les enfants et la manière dont on les élève? La façon de cuisiner...ce genre de petits trucs, même en arrière plan, ça nourrit un univers, et là je trouve qu'avec ce que l'on nous a trouvé et qui est sacrément prometteur, il est dommage que cela manque...
Quant au reste, on se rejoint sur ce que je dis. Ce film ne valait pas le foin qu'on en a fait pendant 15 ans. Il reste correct, c'est un schéma de base, mais comparé à la promo qu'on en a fait, franchement, pas de quoi déplacer les foules pour ces raisons là.
RHHAAAA Pico, tu as oublié le message le plus important du film dans ta critique !!
"Il ne faut jamais, au grand jamais, aller en Irak-Pandora mener une guerre pour ramener du pétrole-minerai !"
:)
Moi en bonne spectatrice, je suis allée le voir en 3D et tout et tout, et j'ai bien aimé le grand spectacle qui en met plein les yeux (c'est beau quand même) mais à mon sens, l'univers de Pandora a été copié collé de celui d'une race de WOW (les elfes de la nuit > je t'invite à aller voir des screenshots), donc même le point positif du film, finalement...
Après, voir un Marine intégrer la Nav'y ça m'a fait bien marrer :)
et le mécharobot qui a des rétroviseurs à la fin ! haha comme s'il ne pouvait pas avoir un GPS qui détecte la chaleur ou un truc comme ça qu'on aurait plus gobé que le coup des rétro !
Et pour la 3D, justement, je pensais que ça allait être sur-utilisé, qu'il allait en avoir partout, pour faire des trucs qui servent à rien, et donc je suis ressortie plutôt contente de ce côté-là. Bon ça n'apporte rien au film, soit.
Sinon je passais par là par hasard, bisous, à bientôt !
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