dimanche 7 septembre 2008

Le film à voir: Le Créateur - Albert Dupontel



En Juin, le centre de formation dans lequel je suis actuellement nous annonçait à chacun qu'afin de réaliser un exercice autour de la conception d'un court-métrage, une sorte de mini-concours de scénariste serait organisé. Bien évidemment, personne ne pouvait y réchapper, nous devions tous composer une histoire avec ces paramètres-ci:
  • Deux personnages maximum
  • Tournage en hiver et pendant les horaires de bureau (9h-18h)
  • Chambre d'hôtel (seulement)
  • Eviter les gens de la vingtaine
  • 6-12 minutes

Il faut dire qu'il a eu du mal à sortir le bestiau, j'ai dû passer un mois de doutes et de galères à rédiger plusieurs scripts de merde avant d'arriver à pondre un truc de quatre pages dont je suis plutôt fier.





Etonnamment, pas une minute durant mes tergiversations futiles, je n'ai pensé à cet excellent et fabuleux film de Dupontel, Le Créateur. C'est amusant d'ailleurs à quel point celui-ci est méconnu. Tout le monde (ou presque) est capable de citer un "Bernie", voire un "Enfermé dehors", mais pourtant celui que je trouve le plus abouti est complètement passé dans l'oubli.

En y repensant, j'ai passé effectivement un mois à redouter n'avoir rien à présenter au jury. Un peu comme Darius, le personnage principal de ce film.








Parce que Le Créateur, c'est vraiment le style d'histoire qui parle à ceux qui ont la hantise de la page blanche, cet incroyable vide que l'on finit par remplir d'idées complètement fantasques et désordonnées.

Un petit pitch?

Darius, jeune auteur de pièce de théâtre vient de faire un carton phénoménal avec sa première représentation de "Détresse Intime". Ovationné par la foule, on le demande sur scène. Son inquiétude l'ayant poussé à se mettre minable en coulisse durant cette représentation, on l'y amène, complètement fini, les yeux de travers et la bouteille de vin encore à la main. Il y promet une nouvelle pièce, meilleure encore, et ce dans six mois. Mais lors d'une révérence, il se vautre lamentablement dans l'orchestre. Six mois plus tard, on le retrouve dans une maison de repos en province, il reprend peu à peu ses esprits. En le ramenant vers Paris, il découvre des affiches et des journaux annonçant son prochain spectacle, mais ce spectacle...il a oublié de l'écrire, ce que ne comprend pas le dirigeant du théâtre.

Darius va donc tenter de finir sa pièce tout en en faisant les répétitions avec les acteurs, mais l'inspiration met du temps à venir.





Forcément, Dupontel impliqué, ça donne un petit délice d'écriture. Et sa manière de poser ses personnages est vraiment remarquable. Mais plus que ça, ce qui marque dans ce film, c'est la réflexion autour des affres de la création.

Dupontel nous livre une furie dantesque, témoignage des plus grandes peurs et folies entourant l'acte créatif même. Pour Darius, créer, c'est avant tout détruire. Et s'il faut aller jusqu'à tuer pour cela, soit. Et puis merde, Terry Jones dans le rôle de Dieu et Bettenfeld en Jésus, c'était du rêvé, et rien que pour ça, le film mérite une séance.

Avec les recommandations de la maison donc, jetez vous sur cette perle d'écriture et de réalisation (en attendant que je vous ponde un film de mon scénar ci-dessus cité)...

5 bout(s) de papier:

nina sotte fille a dit…

J'en avais jamais entendu parler! Je pourrai le citer maintenant mais faudrait que je le vois aussi!

Boubou's mum a dit…

Dupontel est un grand "classique" pour moi et pourtant comme les autres, ce film, je ne le connais pas !
Vite vite, pour être moins ignorante et un peu moins inculte je m'en vais de ce pas essayer de le visionner.
Merci m'sieur Pico !

Pico a dit…

Nina> Ah ça oui, mate toi ça rapidement...allez, fissa! Mais qu'est-ce que tu fais encore sur ce blog? C'est pas vrai!

Boubou's mum >Avec le plus grand des plaisirs. C'est justement pour ça que j'ai créé Labouata, j'en avais marre de profiter de certains trucs sans pouvoir en discuter avec les autres. Merci pour ton ptit commentaire et à bientôt sur ces pages

nina sotte fille a dit…

hé psst, le monsieur de labouata, si tu veux passer me voir, ça a changé d'adresse! c'est http://once-uppon-a-time-on-ze-ouebe.blogspot.com

a tout bientôt!

sicksadworld a dit…

Après avoir vu Bernie, j'ai voulu connaître Le Créateur. Ce film est bien plus sombre que le précédant. Pendant que Bernie cours et se bagarre, Darius attend l'inspiration, hanté par des cauchemars. L'histoire est plus lente, plus sombre et plus violente au final. Devenu meurtrier par accident, Darius finit par y prendre goût. Coincé entre la page blanche et Chloé Duval qui le menace, notre névrosé s'enfonce peu à peu dans un tourbillon sans fond jusqu'à l'auto-destruction.

J'ai trouvé la fin un peu décevante par contre. J'aurais bien vu chloé duval péter un câble et se mettre à tuer à son tour :)

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