jeudi 13 décembre 2012

Concours sur Facebook

Salut à tous!

Labouata a une page Facebook, c'est mal, je sais, mais c'est aussi bien pour vous. Bein oui, il y a un concours en ce moment et c'est ici. On y gagne un dessin dédicacé (et j'ai dans l'idée que ça ferait bien sur votre bureau).

vendredi 16 novembre 2012

Le film à voir: Skyfall - Les 50 ans fatigués de Bond.






Après mûre réflexion, Skyfall n'est pas si bon. Troisième opus des 5 films prévus de l'ère Daniel Craig, et toujours en pleine installation du personnage et de son folklore, cet opus ravira les cinéphiles du genre Bond traditionnel. Ce n'est pas un mauvais Bond, attention, mais ce n'en est pas un d'excellent non plus.



Après des années de transformation et d'adaptation, la franchise Bond avait connu une sorte de reboot à l'arrivée de Daniel Craig dans Casino Royale. Très prometteuse, particulièrement intelligente et très classieuse, cette nouvelle mouture s'était enrichie de l'excellent Quantum of Solace (oui je le soutiens, ce n'est pas parce qu’il était plus compliqué et moins standard dans sa structure que ce film était mauvais).

La fin de Quantum of Solace annonçait le démantèlement de l'opération du crime organisé dévoilée dans Casino Royale. Pour ceux qui n'auraient pas suivi, l'opération Quantum est une sorte de syndicat du crime dont Le Chiffre (méchant de Casino Royale) est le comptable et Green (méchant du deuxième) est une sorte de VRP, tenant une entreprise de façade ayant des activités déjà véreuses. A la fin de Quantum of Solace, Bond retrouvait en Russie la trace de l'ex-petit copain de Vesper, trempé jusqu'aux os dans cette opération, et le livrait à M sans lui avoir cassé les mains (un exploit final puisque Bond était dans une phase de vengeance destructrice causée par ce bonhomme). La véritable enquête sur Quantum pouvait alors commencer, loin après le fiasco de l'interrogatoire de Mr White.

Or dans Skyfall, plus rien de tout ça. Quantum n'existe plus, on passe à du tout neuf sans aucun lien avec les deux précédents films. Où sont passées les passerelles scénaristiques entre les épisodes, où se place la continuité ? Nulle part. Bond démarre de but en blanc et termine comme il a commencé, juste un peu plus cabossé. Ce qui était appréciable dans les deux films précédents, c'était la manière dont, à travers l'histoire d'espionnage plus ou moins classique traitée de manière inventive, le personnage de Bond évoluait, gardait trace de ce qui lui arrivait et changeait en subtilité en fonction de son passé. Ici, les ficelles sont des cordes. Si à l'époque, on n'attendait pas plus que ce que Skyfall offre d'un film Bond, après Casino Royale et Quantum, c'est assez décevant. L'expérience est toujours plaisante, les répliques sont savoureuses, mais le tout a été, semble-t-il, expédié avec le savoir faire industriel de la MGM, pas plus.


 Yep, je m'assois là et j'attends gentiment que les 50 ans passent sans ombrage , j'irai courir, exploser des méchants et niquer des gonzesses un peu plus tard, pour l'hygiène.


Skyfall pourrait s'intégrer juste avant l'ère Sean Connery, et c'est déjà un compliment en soi, cette ère étant l'étalon mètre de la saga toute entière pour une majeure partie des fans ; mais pourquoi je ne veux plus voir du style Sean Connery dans les prochaines moutures ? Parce qu'on n'est plus en 1962 et que Casino Royale a pimenté tout ça. L'épisode qu'est Skyfall, hommage aux 50 ans du personnage au cinéma, est un clin d’œil tout entier, bien forcé pour que même ceux qui ont un vague souvenir de Bond à la télé puissent se sentir concernés. Si le scénario et la cohérence avec les deux précédents films tenaient aussi la route, ce ne serait pas un problème.

Même si Craig est toujours aussi efficace à l'écran, on attend que l'histoire fasse référence à l'opération Quantum, nous cale une petite baffe derrière la nuque à un moment où un autre. Il n'en est rien : Skyfall est un film Bond tout ce qu'il y a de plus classique, avec un déroulement prévisible n'intégrant que sa propre durée, sans plus de portée qu'il n'en affiche. Même la fin, pourtant assez historique dans la mythologie Bond et potentiellement porteuse de ce lien-là, est annoncée depuis les 30 premières minutes et n'amène rien de plus que cet effet clin d’œil.

Alors évidemment, comparé à du Brosnan (l'incroyable GoldenEye exclu) ou du Roger Moore, Skyfall, c'est du Bond de grande classe. Mais l'équipe actuelle nous a habitué à mieux, plus riche, moins facile, plus divertissant. Les deux premiers films avaient le goût d'un cocktail Vesper, complexe, âpre, profond et sucré à la fois, cet opus laisse le goût standard d'une Heineken en produit placé, pas mal mais pas de quoi faire des manières. Même la musique s'en fait témoin, sans relief notable, presque quelconque, complètement à l'écart de ce qu’Adèle a pu composer pour le générique: le CD ne vaut pas l'achat, contrairement à ceux des deux opus précédents. La réalisation du film est aussi très standard pour un blockbuster, sans choix radicaux, pas de parti pris narratif, on est dans du prémâché là où Casino Royale et Quantum of Solace rénovaient la franchise.



Franchement, Bond sans sa Vodka Martini juste pour être accessible... qui y croit ?


Tout n'est pas fade dans Skyfall : la séquence d'intro, encore une fois, fait tomber la mâchoire par ce qu'elle ose. Bond est un bulldozer, c'est encore confirmé. Le générique synthétisant tout le scénario est parfait. Les séquences d'action, en général, valent le détour (magnifiques explosions qui scotchent le spectateur dans son fauteuil, de beaux moments de destruction pure comme il nous en manquait depuis longtemps au ciné, bravo à l’équipe pyrotechnie). Le méchant est sublime, peut-être même le meilleur des méchants qu'on ait vu au ciné depuis un moment, et il fallait bien Javier Bardem pour interpréter un bon taré brillant à la hauteur de Craig. Il y a même tout un tas de petits détails très jouissifs et on ne boude pas son plaisir en sortant du ciné. L'histoire, si son fond ne se connecte pas du tout aux deux épisodes précédents, reste bien fichue. C'est le traitement qui l'est moins. Facile, trop digeste, Bond est redevenu un film tout public avec les défauts intrinsèques au style blockbuster actuel. Dans quelques années, on regardera cet opus pour le fun qu'il contient, certainement pas pour la manière dont l'histoire y est racontée.

Mais encore une fois, il reste 2 films au contrat de Daniel Craig : on espère réentendre parler de l'opération Quantum et de ses têtes pensantes dans les prochains opus, jusqu'à ce que, fantasmera-t-on, un super vilain Bondesque dans la tradition Dr.No apparaisse enfin, menaçant le monde avec le poids de tout les tarés que Bond aura eu à dessouder avant lui. Après tout, Bond, c'est de l'action-espionnage, faudrait pas oublier le deuxième aspect pour faire du pognon.

dimanche 27 mars 2011

La série à voir - An Idiot Abroad

Karl est un idiot. Mais un gentil. Karl n'est pas un personnage de fiction. Karl est un ancien producteur d'émission radio. Et ses potes sont les créateurs à l'origine de The Office et Extras: Ricky Gervais et Steve Merchant. Des dires même de ses potes, Karl est un Homer Simpson vivant, mais en plus naïf.


Certes, Ricky et Steve ne sont pas les plus tendre pour juger de Karl, mais Karl fournit toujours tellement de matière avec tellement de gentillesse et de sincérité qu'il est impossible de ne pas lui tomber dessus.

Le gimmick principal de l'émission radio "The Ricky Gervais Show" (podcastée par The Guardian pendant 3 ans), "brutaliser Karl" avait permis de faire de ce chômeur récent la plus grosse star du net, référencé dans le Guinness Book des records pour le nombre de téléchargement historique de l'émission. Karl est même alors qualifié par la presse étrangère de phénomène international.




Pour autant, depuis la première de The Ricky Gervais Show, il ne change pas d'un poil. Karl reste ce naïf petit enfant de 5 ans coincé dans sa carapace d'anglais typique de 39 ans. Karl ne que connait son propre monde, avec ses petits conforts et ses idées préconçues et ne comprend que peu, voire même pas du tout, le reste de la planète. Pire que tout même, Karl a peur d'à peu près tout ce qu'il ne connait pas.


Après 4 ans de bons et loyaux services à servir de doux crétin pour ses potes dans diverses émissions radios, Ricky et Steve vont décider de lui offrir sa propre émission. Et quoi de mieux, autant comme blague affectueuse que comme cadeau véritable, que de lui financer un petit tour du monde pour visiter chaque pays hébergeant une des 7 merveilles.




An Idiot Abroad, littéralement Un Idiot À l'Étranger, est donc le récit en 8 épisodes (débriefing à Londres pour le dernier épisode) de ce road-trip particulier, fomenté autour de ce bonhomme presque tout droit sorti d'un épisode de notre frenchouille "Strip-Tease". Confronté tête la première à des cultures et des univers aux antipodes de son living room, Karl va, à sa manière, s'approprier un voyage conçu tout simplement pour lui en faire baver et lui ouvrir les yeux.




Habituellement, j'ai un peu de mal avec le principe du diner de con, et le postulat de base concernant l'intervention de Karl auprès de ses deux potes, est totalement fondé sur ce format là. Pour autant, ce qui rend chacune des collaborations de ce trio irrésistiblement drôle, c'est qu'au delà du fait de faire la misère à leur pote, Steve et Ricky lui portent une véritable affection. On sait que la blague continuera ad vitam eternam parce qu'avant tout, ça tient plus d'une fratrie qui se chamaille et "torture" le petit dernier que d'une moquerie simple et condescendante.



De plus, le montage ne laisse heureusement pas que des moments ridicules à Karl. Sous ses abords simplets et parfois complétement à côté de la plaque, Karl est dépeint comme un bonhomme généreux, soucieux du bonheur des autres au dépend même du sien, sincère, direct et pratique.

Par exemple, lors de sa rencontre avec un Yogi dans le deuxième épisode (situé en Inde), Karl va accepter le trip spirituel non pas pour des raisons personnelles, mais par ce simple souhait de ne pas froisser la personne qui l'accueille et essaie de l'aider. Et plus que de simplement s'exécuter à se baigner dans le Gange bêtement, il va même jusqu'à essayer de comprendre ce qui lui est dit. A sa propre manière, il finit alors par résumer la spiritualité par "en fait, la spiritualité, c'est juste trouver un moyen d'être pote...j'avais jamais vu ça comme ça. Comme ça, ça me va en fait...". Tout simplement brillant de simplicité et d'ouverture, Karl finit par faire naturellement passer ses amis confortablement assis à Londres pour de bêtes bourreaux.



Ceci étant, l'émission est très très loin de taper dans du sentimentalisme à deux balles. On n'est pas chez Pignon et Cie, et on ne manque pas non plus de montrer les dires parfois à la limite du racisme et de l'impolitesse pure de Karl. Chose étonnante, c'est que même ces phrases absolument horrifiantes finissent par lui être excusées (rappelez vous, le gamin de 5 ans dans un corps de 39).

En effet, ce sont toujours son ignorance et sa naïveté qui parlent, et on ne le sent jamais porter un jugement négatif sur les gens qui l'entourent (tout autant qu'eux ne portent pas un jugement négatif sur lui). Globalement, Karl admet lui-même qu'il ne comprend pas du tout le monde dans lequel il évolue. Du coup, on n'hésite pas à rire franchement de la stupidité de certains de ses raisonnements, très souvent basés sur une vision occidentale et même anglaise de l'univers, parfois même tellement personnelle que personne ne peut, à part lui, comprendre ce qu'il a voulu dire.



Au final, ce qui fait le sel de cette émission, c'est qu'on découvre de Karl et du monde qu'il explore une simplicité touchante et un esprit candide tout à la fois hilarant, drôle, émouvant et même émerveillé de tout ce qui évite totalement les valeurs touristiques, matérielles et complexes de l'univers. Karl est un être basique, une définition pure du terme "vivant". Cette émission de voyage réalisée autour de sa vision du monde change drastiquement des milliers de documentaires déjà produits, d'abord parce qu'elle est drôle (à se taper des crises de rires), et ensuite parce qu'elle est par essence ramenée à échelle humaine.



En gros, un pur moment de bonheur total, un résultat détonnant, surement à milles lieues du résultat prévu par la prod'. A voir donc, pour le phénomène qu'est Karl Pilkington tout autant que pour la vision du monde qu'il offre et de ces paysages splendides.

Chez Labouata, on attends avec impatience la deuxième saison qui offrira à Karl un tour du monde basé sur les "choses à faire avant de mourir".

lundi 28 février 2011

Stupeflip - The Hypnoflip Invasion, dernière ère du Crou





Je ne critiquerai pas ici l'album d'un point de vue musical, vu que vous pourrez trouver ça sur d'autres blog et mieux écrit que je ne pourrai le faire, je ne vois pas l'intérêt de développer plus avant ce point. C'est une perle, sachez-le, point barre.



Non, l'objet de cet article c'est de critiquer le triptyque initié il y a 9 ans (déjà, pfiouuu) avec le premier album. Parce que comme l'a dit King Ju, chanteur et chapoteur du Stup Crou, Stupéflip, c'est fait pour aller dans un musée. Et il ne fait nul doute que l'œuvre du Stup restera dans les classiques français.


Selon moi, et plusieurs de mes amis membres de l'A.S.F.H. ce dernier album clôture une véritable œuvre d'art, pensée et modelée dès son origine avec une cohérence rare, une démarche artistique loin de tout ce qui se fait actuellement dans le paysage musical francophone. La trilogie Stupéflip rappelle la bonne époque des albums concepts du rock des années 60, ces albums qui racontaient la vie d'un personnage, d'un paysage, avec des plages de 20 minutes et qui s'écoutaient d'une traite, comme on regarde un film. Avec une pochette qui prolongeait l'expérience entre vos mains, et tout un tas de documents vidéos, films et interviews, où l'auteur ne se montrait jamais, toujours planqué derrière son univers.

Quand on regarde ce qu'a créé Julien Barthélémy avec Stupéflip, c'est surement l'un des seuls points de comparaison qu'on puisse avoir. Une renaissance de la création artistique dans le milieu musical français, à la fois expression impulsive et continuité narrative, les deux maintenues sur 10 ans de travail.


Stupéflip, avec cette trilogie pour l'instant sans nom qu'on pourrait désigner par les chroniques des Régions, a dépeint tout un monde. Véritable tableau de cauchemar d'enfant devenu grand, ces trois albums font l'aller-retour entre l'univers froid, incohérent et injuste de l'âge adulte et celui sauvage, cru et innocent de l'enfance. Et de l'un à l'autre, peu de choses changent. Le grand qui "dans les arbres, lui avait perché sa casquette" d'Hypnoflip Invasion est le même genre d'énergumène qui "s'croit supérieur parce que [c'est son] supérieur" de CROU.


Pour autant, pas de redite dans ces trois albums. Il y a continuité (la fin de la dernière piste de chaque album étant le début de la première piste du suivant) mais pas répétition. Tout évolue, tout change. A l'instar d'une trilogie écrite ou filmée, on retrouvera là les mêmes schémas de construction. Le premier album nous fout direct les pieds dans le problème. Tout en se suffisant à lui-même, il initie une nouvelle épopée, nous assurant que le CROU ne mourra jamais et que son histoire continuera, notamment parce qu'elle a commencée sans nous (en 1972, "c'est Historique mon ami") et qu'elle continuera sans nous. Trop tard, ce que vous avez entendu, vous ne pourrez pas le dés-entendre. Le CROU est là. Faites avec.


Lors de Stup Religion, Le CROU enfonce le clou (oui, oui, je sais, c'est naze mais bon...). Ce qu'on prenait pour un petit groupe d'allumés se révèle avoir été un groupe d'éclaireur pour plusieurs armées, des guerres terribles qui changent des Régions entières, une religion qui se lève en sauveur, l'univers de Stupéflip s'étoffe, s'agrandit. De la vision petite lucarne hurlante et intimiste du premier album, on passe à une vision cinémascope, épique et dramatique. Le Crou Stupéflip n'était que "la pointe de l'Iceberg" et l'univers que l'on nous décrit dans Stup Religion est laissé à la fin de cet opus en plein ravage. Seul le Monastère du Stup, havre de paix et îlot au milieu de tout, parvient à maintenir la barre droit. Croire, voilà tout ce qu'il reste au CROU.



Enfin avec The Hypnoflip Invasion, c'est l'acte noble, désintéressé. Le dernier geste héroïque des légions du Stup, avancer plus nombreux, envahir les têtes et abattre toute résistance avec l'avantage de l'expérience et la certitude de ses forces. L'album semble être enregistré à même une radio locale, la fréquence 72.8 (certainement pas choisie au hasard, hein...c'est "un date hystérique" les amis). Stupéflip envahit les ondes et King Ju et sa clique avancent entourés de tout leurs frères d'armes.

Hypnoflip Invasion n'a plus l'extrême besoin d'être un cri de rage, c'est un accomplissement. L'album est plus calme que les deux précédentes galettes, un peu plus de variète et de confessions. Si l'auditeur n'a pas compris ce qu'était initialement Stupéflip, il n'a qu'à réécouter les deux premiers albums, Stupéflip a changé depuis. Hypnoflip Invasion raconte ce qu'est désormais le CROU. Le CROU n'a plus besoin de Pop-Hip pour exister, bim une bastos dans le buffet et le problème est réglé. Et on avance, de nouveaux membres, de nouveaux airs, un son plus travaillé, des morceaux de variète beaucoup plus écoutables qu'avant (et même plutôt chouettes) et enfin, enfin, un beau cri mélé de mélancolie et d'espoir laissé sur la piste finale. Stupéflip est mort, vive Stupéflip.


Hans MEMLING - Seligenstadt am Main, vers 1435 - Bruges, 1494 -
Triptyque de la Résurrection
- Musée du Louvre


Bref Introduction/développement/conclusion, mais si cette trilogie mérite plutôt le terme de triptyque, c'est qu'un triptyque permet une lecture circulaire, en aller-retour. L'œil ne se cantonne pas à une lecture linéaire du tableau, allant seulement du début à la fin. Chaque panneau indépendant se relit différemment en fonction des autres qui l'entourent. Des éléments obscurs du tout premier album prennent sens avec le troisième et sans le premier, le troisième manquerait de fond. Le graphiste qui sommeille en Julien Barthélémy y a assurément pensé lors de la créa de son objet musical.




En effet, la chose interessante à travers Stupéflip, et que Julien Barthélémy dit aujourd'hui partout en promo, c'est que de l'agacement exprimé de façon violente du premier album il faudra surtout retenir un ras le bol dirigé contre la violence, celle du système, celle des gens, celle qu'on s'impose. Stupéflip, ce n'est pas seulement quelques morceaux posés sur des albums façon compil', c'est un tout. Et ce tout, au cours de ces trois albums, se fait l'ambassadeur d'un message de paix et d'amour: arrêtez de vous crier dessus, arrêtez d'accepter la pression et ravivez votre innocence, et "Vite!!!". Une composition inspirée des tableaux souvent messianique que l'on trouve sous ce format. Stupéflip est une entité qui n'arrête pas de mourir et de se relever sous nos yeux, un sacrifice nécessaire, catharsique, intemporel et toujours baigné de ce Mystère (au chocolat) propre aux légendes.


Hypnoflip Invasion scelle le destin de chacun des membres du CROU dans une forme de tragédie délivrant l'espoir, comme le suggère sans détour le dernier cri de King Ju sur ce dernier album. Un cri qui tirera les larmes à ceux qui ont vu ce que Stupéflip a été, est et sera.

jeudi 4 novembre 2010

La série à voir: Misfits





Encore une fois LA baffe télévisuelle fun du moment nous vient d'Outre Manche. Elle s'appelle Misfits et couvrez les oreilles de vos bambins (et leurs yeux aussi) parce que ça parle mal là dedans.

6 ados se rencontrent lors d'une semaine de Travaux d'Intérêt Généraux. Six petites frappes donc, délinquants en devenir que le système Britannique a mis à l'amende. Lors du premier boulot en extérieur, à savoir repeindre des bancs près de la flotte, un orage étrange se pointe à l'horizon. D'une puissance surnaturelle, le ciel se met à cracher des grêlons de la taille d'un frigo top sur les voitures et probablement sur les gens. Nos anti-héros vont essayer de se rentrer au centre sain et sauf...mais avant d'arriver à ouvrir la porte du local, un orage les frappe tous.



A la surprise de chacun, personne n'est blessé. Sonnés tout au plus. Mais c'est là que les ennuis commencent. Nos délinquants se mettent à développer des super-pouvoirs.

A ce moment là, tout producteur américain aurait fait de nos personnages principaux de gentil défenseurs de la veuve et l'orphelin. Misfits non. Les craignos restent craignos. Ce n'est pas parce que je me découvre des pouvoirs que je vais me ranger d'un côté ou de l'autre du manichéisme. Des ados à problème avec des super-pouvoirs, bein ça reste des ados à problème.



En somme, ce que Misfits est, c'est ce que Heroes nous avait promis sans y arriver. Une série inspirée de l'univers comics qui ne renierait pas l'humanité de ses personnages. Et cerise sur le gateau, c'est techniquement et artistiquement réussi.

Pas de compromis, pas d'hésitations, Misfits parle de cul, de violence, de misère sociale sous couvert de nous raconter quelque chose de fictionnel. Bref, une véritable utilisation du genre fantastique et surtout, du genre comics telle qu'on devrait en voir plus souvent. En plus d'être bien écrite, Misfits se paie le luxe d'un casting de petits jeunes particulièrement brillants, chacun donnant une profondeur et un bagage émotionnel à son personnage, maillon essentiel pour que le public s'attache.


Créée et diffusée sur E4, chaîne musicale pour les jeunes, la série s'offre de plus une bande son qui claque bien sa mémé. Et comble du bonheur, la saison 2 commence dans 1 semaine... Bein oui, on est aussi à la page sur Labouata :)

PS: Ne lisez pas trop de trucs sur la série, il y a un bon gros spoiler qui finit la saison 1 et ouvre la saison 2 et les fans adorent en parler... Bien évidemment, ici, pas de ça entre nous, les articles Labouata sont "Major-Spoiler-Free"...


Related Posts with Thumbnails